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Connaître le Valois...

Armes du Valois Armes du Valois Dans la mémoire collective, le nom de Valois rime avec celui de Rois. Il évoque le souvenir de la branche capétienne et des treize princes issus de la maison des Valois qui se sont succédés sur le trône de Hugues Capet. De Philippe VI roi en 1328 à Henri III qui meurt en 1589, pendant plus de deux cent ans la France est gouvernée par des Valois.

Le Valois Carolingien
Mais avant d'attacher son nom à celui des rois, le Valois a constitué pendant plusieurs siècles une entité autonome. Son origine est imprécise. Il semblerait que ce territoire soit issu d'un démembrement réalisé à l'époque carolingienne au détriment des deux Pagis de Senlis et de Soissons. Vez et quelques villages de la vallée de l'automne qui faisaient partie du Soissonnais, sont unis au terroir de Crépy enlevé au senlisis, pour former un nouveau pagus appelé le Pagus Vadensis. En délimiter les frontières est impossible, il faut se contenter de relever les rares mentions de Valois dans les cartulaires. En 842 un acte de Charles le Chauve donne à Morienval, situé en pays de Valois, la terre de Béthancourt située en pays de Senlis. En 866 Vez, qui fut sans doute étymologiquement à l'origine de nom de Valois est donné à l'Abbaye St Médard de Soissons . En 920 Morienval est encore dit « sito in Pago Vadense ». Valois s'est donc constitué autour de Vez et de Morienval. Dans les rares actes concernant le Valois Crépy n'est jamais cité. Pourtant en 992, c'est un comte de Crépy, Gauthier, qui restitue à l' Abbaye de St Crépin, des domaines et un moulin à farine, situé à Orrouy, dans le Pays de Valois, qui avaient été injustement usurpés par son père.

Le Valois Féodal
En cette fin du Xe, l'affaiblissement de l'autorité publique a rendu, aux Comtes, jusqu'alors administrateurs des domaines carolingiens, une autonomie qu'ils utilisent pour entendre leurs domaines et asseoir leurs pouvoirs. A un Valois carolingien succède un Valois Féodal, qui se trouve intégré dans l'énorme principauté territoriale conquise, par les Comtes d'Amiens qui se feront appeler aussi comte de Vexin, ou de Crépy. Au milieu du XIe siècle, la puissance des Comtes d'Amiens, Vexin, Crépy, s'étend, sur les comtés d'Amiens, de Crépy, du Tardenois, de Montdidier, de Vitry et de Bar sur Aube, en Champagne. Durant ce temps le nom de Valois disparaît pratiquement, dans les chartes, les seigneurs apparaissent sous le nom de Crépy, en 1044 Crépy est dit situé dans le Soissonnais. Il est toujours difficile de préciser les frontières de ce comté de Crépy-en-Valois, Crépy, Vez, Nanteuil, Betz et les villages environnants.

Au début du XIIe, la puissance territoriale et politique des comtes continue de grandir. Le comte de Crépy Raoul de Vermandois, cousin du Roi Louis VI, conseiller apprécié, est sénéchal de France. C'est à ce moment que le nom de Valois réapparaît dans un accord entre les religieux de St Jean des Vignes de Soissons et le Comte Raoul. Sa fille Eléonore sera désignée sous le titre de Dame de Valois. Réputée pour sa piété, Eléonore fait de nombreuses donations aux fondations religieuses du Valois. C'est par ces chartes de donations (charte aumônière) que nous pouvons préciser les limites du Valois vers 1180.Vers l'Ouest il s'étend jusqu'à Duvy, Auger-Saint-Vincent vers l'Est il va jusqu'à Longpont et la Ferté-Milon, au Nord jusqu'à Vivières et Valsery, au Sud, Antilly et Mareuil-sur-Ourcq. Le Valois se regroupe autour de la forêt de Villers-Cotterêts, le long d'une partie de la Vallée de l'Automne, (Béthisy est possession royale) et délimitée à l'Est par la vallée de l'Ourcq et au sud par celle de la Grivette. Eléonore décède sans enfants en 1213, en vertu d'un accord passé avec Philippe Auguste, le domaine de Valois revient à la couronne de France.

Le Valois Royal
Philippe VI de Valois Philippe VI de Valois Cette date de 1213, constitue un tournant, le Valois féodal s'efface remplacé par le Valois Royal. Il est encore bien petit ce Valois Royal, ne comprenant que les deux châtellenies de Crépy et de la Ferté-Milon. En 1240, St Louis le confie en douaire à sa mère Blanche de Castille.
En 1291, le comté de Valois est donné en apanage par Philippe le Hardi à son second fils Charles qui deviendra Charles de Valois. L'apanage était une terre que les souverains donneraient à leurs enfants mâles. En cas de décès sans prospérité l'apanage revenait au domaine de la Couronne. C'est le fils de Charles de Valois qui accède au trône de France en 1328 sous le nom de Philippe VI. Le comté de Valois augmenté en 1353 des châtellenies de Pierrefonds, Béthisy et Neuilly-Saint-Front revint en apanage à Philippe fils de Philippe VI, avec le duché d'Orléans. Valois et Orléans formeront désormais l'apanage des enfants de France.

Enfin en 1406, Charles VI érige le comté en Duché Pairie, au profit de son frère Louis : « Par la teneur des présentes la dite comté de Valois érigé et érigerons en Duché et voulons et ordonnons et décernons que dorénavant et perpétuellement elle soit appelée la Duché de Valois ».
Le Duché de Valois comprend les châtellenies de Crépy, La Ferté-Milon, Pierrefonds, Béthisy, Oulchy- le-Château et Neuilly Saint-Front. Un Valois limité par la Seine, la Marne, l'Oise et l'Aisne, qui a environ 80 kilomètres de Verberie à Bazoches prés de Fismes en Champagne et soixante en largeur de Gandelu près de Château-Thierry à Tracy-le-Val.
C'est le Valois dans sa plus grande extension qui sera célébré par Bergeron, Muldrac, Laurent Bouchel et défini, non sans exagération, comme le nombril de la vraie Gaule, discours de courtisans destinés à plaire aux princes qui les gouvernaient.

Jusqu'à la Révolution ce Duché de Valois restera l'apanage des princes d'Orléans. Le dernier d'entre eux à entrer en possession de son héritage, en 1785, se nommait Philippe d'Orléans, le fameux Philippe Egalité.

Ce Valois Royal ne constitue pas la suite du Valois historique formé autour de Vez puis de Crépy, il fut créé par décision royale pour des raisons politiques, afin d'éviter un trop important démembrement des terres du royaume.

Mais Royal ou Historique, concluons avec le président Minet « En général le Valois est un beau pays et fort vivant. L'air y est bon et sain ». Comme au XIIe ou au XVIIIe siècle, il fait toujours bon vivre dans le Valois.


Jean Marie Tomasini

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